Flûte traversière baroque,

dite flûte allemande ou traverso

INSTRUMENTS A BOUCHE LATÉRALE

” Le mouvement vibratoire s’y produit par un mince filet d’air s’échappant des lèvres de l’exécutant, de manière à aller se briser contre le tranchant d’une ouverture pratiquée dans le tuyau, à peu de distance de l’une des extrémités de celui-ci “

Le type unique d’ailleurs extrêmement important, de cette espèce, est la flûte traversière, la seule en usage aujourd’hui, mais dont le règne véritable ne commença guère avant I720.Cependant cette flûte était déjà connue au XIV ème siècle.Au XVI ème siècle, la flûte traversière est désignée sous le vocable : flûte d’Allemande.

C’est en France et au XVIIème siècle que les premiers perfectionnements d’une réelle portée furent réalisés. On jouait de la flûte jusque dans la campagne. C’est Lully qui, le premier, écrivit spécifiquement pour flûte traversière, l’introduisant à l’Opéra.

Au XVIIIème siècle, de nombreux flûtistes français consacrent à cet instrument compositions et traités, parmi lesquels Jacques Martin Hotteterre le Romain (Principes de la flûte 1707, L’Art de préluder sur la flûte traversière), Michel de la Barre, Joseph Bodin de Boismortier, Michel Blavet 

Si Scarlatti se défie des instruments à vent, et ne consent qu’avec peu d’empressement à recevoir le fameux Johann Jocachim Quantz, célèbre flûtiste et professeur de Frédéric II, Johann Sebastian Bach, au contraire, emploie impartialement la flûte traversière et la flûte à bec. Seules, à deux ou même à trois, elles évoquent, en ses cantates, des pensées tour à tour aimables, élégantes ou attendries. Dans son orchestre, ” les caractères dominants de ces instruments sont la légèreté, une certaine froideur éthérée, quelque chose d’ailé et de flottant, où se décolore le reflet des sentiments humains, transposés dans le domaine du surnaturel. La musique en est liquide, aérienne, impondérable. “.

François Couperin, dans le Rossignol en amour, insère la note suivante : ” Le rossignol réussit sur la flûte traversière on ne peut pas mieux, quand il est bien joué.” Il est évident que la traduction des chants d’oiseaux revient sans conteste à cet instrument .

Quantz avait muni la flûte d’une seconde clef. D’autres facteurs portent successivement ce nombre à cinq et à neuf. La famille se compose alors de quatre membres : la flûte proprement dite, la flûte d’amour, à la tierce inférieure; la flûte tierce, à la tierce supérieure, et enfin la petite flûte, à l’octave supérieure. Deux clefs nouvelles furent ajoutées encore à cette flûte cônique avant que Théobald Boehm, en 1834 ne la transforme en un instrument cylindrique muni de trous équidistants.

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